Imprimer cette page
 
   
 
Introduction
 

 

 

 

 

 

 

 


Années 30

Le débat sur l'architecture, tel qu'il s'est instauré dans les années 1920, connaît à Neuchâtel un écho assourdi mais audible. Les architectes qui signent quelques-unes des constructions modernes de cet ouvrage, sont communément considérés comme les pionniers locaux du moderne. Leurs travaux, certes novateurs, restent cependant les exceptions d'une production ancrée dans un répertoire académique et régionaliste. Les ajustements formels apportés aux projets avant sanction répondent souvent à des contraintes réglementaires plus qu'elles n'affirment des convictions esthétiques. En outre, certaines réalisations doivent plus à la volonté innovante du maître de l'ouvrage qu'à celle des architectes dont les croquis d'intention révèlent des propositions empruntées au XIXe siècle. Les débats sur cette architecture en quête de nouvelles expressions, cristallisés autour de la couverture en terrasse, restent limités aux édiles et aux groupes d'experts.

Une fois disparu ce climat de lutte relative, à partir de 1935-1939, crise et normalisation agissent ensemble pour imposer une production sans relief durant la décade suivante. Serait-ce que, une fois le moderne assagi ou banalisé, les circonstances socio-économiques n'ont pas permis l'apparition d'un "esprit nouveau"? Serait-ce que, ayant vu dans les théories modernes plus un style qu'une véritable cause, les architectes en ont tôt épuisé le programme intellectuel? La parution en 1932 sous la direction de la S.I.A. du volume neuchâtelois de La Maison bourgeoise en Suisse par l'historien Edouard Bauer prouve que le climat est au refuge. Inaugurée en 1936, la nouvelle gare témoigne, par son ordonnance post-classique et son revêtement de pierre jaune, tout à la fois d'un resserrement sur des valeurs considérées comme fondatrices et de la prééminence d'un héritage académique à peine éraflé par les incursions modernistes.

L'encadrement réglementaire

Afin de lutter contre le libéralisme constructif et "l’individualisme illimité en matière architecturale"(1) que ne réfrènent ni La loi cantonale sur les constructions de 1912, produit des travaux de l'architecte Louis Perrier (2), ni le Règlement communal sur la police des constructions de 1915, un Règlement concernant la hauteur, l’alignement et l’esthétique des constructions est adopté en 1935. Outre la division du territoire communal en zones et la réglementation différentielle, ce document impose que le volume des constructions ne soit plus calculé dans les limites permises par la loi, mais bien sous des gabarits qui le proportionnent à la grandeur de la parcelle. Il exige aussi que les bâtiments ne soient plus distants des trois mètres réglementaires, mais s'espacent en proportion de leur hauteur. Très actif au sein de diverses commissions liées à l'urbanisme, l'architecte Jacques Béguin est l'auteur des plans d'alignements et d'études dont certains principes sont encore en usage. L’essor de la construction et la prise en compte de nouveaux paramètres obligent à des ajustements et à des refontes qui sont arrêtés par les règlements d'urbanisme de 1943, 1950, 1959 et par le dernier Plan et Règlement d'aménagement de 1998.

Années 40

Lorsqu'en 1942, Jacques Béguin fait paraître Architecture neuchâteloise, tant le contexte historique que sa sensibilité le portent à défendre une authenticité architecturale enracinée dans la tradition locale, à magnifier les qualités d'un patrimoine existant plutôt qu'à promouvoir une architecture nouvelle qualifiée de "cacophonie intégrale", "d'élucubrations" ou encore de "mascarade". Ses propos font écho à ceux que Philippe Godet émettait en 1901 déjà, lorsque dans son ouvrage Neuchâtel pittoresque, il déclenchait une croisade contre les influences étrangères. La ville, dont tous deux exaltent les particularismes, est un "langage de pierre", un précieux répertoire de modèles régionaux dans lesquels les architectes devraient puiser une inspiration débarrassée des schémas hétéroclites flétris sous l'épithète générique "d'américain".

Malgré la fusion avec la commune de La Coudre en 1929, la population de la ville décroît entre 1910 et 1930; puis, jusqu'en 1942, le déficit des naissances est compensé par les migrations. Chômage, contingentement des matériaux, pénurie de logements, augmentation du coût de la vie frappent durement et appellent une politique de consolidation des structures sociales et urbaines. La Confédération, le Canton et la Ville instituent de nombreuses mesures destinées à améliorer les conditions d’habitation. Le financement de la construction des logements sociaux prend alors d'autres formes; les habitants, organisés en coopératives, font appel à des fonds publics et à des caisses de prévoyance pour édifier des ensembles locatifs qui ne présentent plus le caractère semi-individuel de l'Immobilière (1859), de la Cité Suchard (1886 et 1901) ou de l'ensemble des Grillons 25-37 (1893). En revanche, le lotissement pavillonnaire de la Vy d'Etra (E. Calame, 1946 (3) pour la Société coopérative de construction du personnel de la FAVAG S.A. s'inscrit dans une typologie proche de la cité-jardin.

Commencés dans les années 1920, intensifiés durant la décennie qui suit, les chantiers de chômage ouverts par la Ville réalisent d'importants travaux de voirie, dont la route de la Coudre à Hauterive ou le nivellement de la colline du gibet aux Charmettes. Ils se poursuivent avec la couverture du lit du Seyon par une voûte bétonnée, la direction des travaux publics ayant projeté, dès 1944, l’aménagement de la cuvette de Champ-Coco en terrain industriel.

Le développement urbain comme réponse à la crise s'affirme aussi dans la mise en place d'une infrastructure sportive à même de répondre aux besoins de la population. Le complexe sportif de la Maladière (4), planifié dès 1945 par les techniciens de l'administration, la commission consultative sportive et l’architecte M. Billeter, est réalisé par étapes à partir de 1950 sur des terrains de comblement.

La difficile liaison de la ville haute et de la ville basse

«Neuchâtel jouit d'une situation charmante entre le lac, bordé de quatre kilomètres de quais, et la colline de Chaumont. Au centre du vignoble, la ville, aimable et souriante, étage ses quartiers aux maisons couleur d'ocre» (5) Ce qui, pour le guide touristique, fait tout le pittoresque du lieu constitue en réalité l'obstacle majeur du développement urbanistique. Histoire à rebondissements dont les épisodes – liés à des intérêts politiques et électoraux autant qu'à des impératifs topographiques et économiques – se succèdent depuis le dernier quart du XIXe siècle, la difficile liaison du quartier des Parcs avec le centre ville ne trouve solution qu'en 1948 avec le percement du passage Terreaux-Boine. Aboutissement d'une longue série d'études – parmi lesquelles un projet de pont Parcs-Saint-Nicolas – il marque le désenclavement de la partie nord-ouest de la ville confirmé par la création de la ligne de trolleybus N° 8.

Années 50


Marquées par l'affirmation des classes moyennes et le développement des zones périurbaines, les années 1950 voient finalement l'avènement d'une modernité architecturale inattendue: celle de la norme objective du "style international", celle de la standardisation des composantes (6) et des équipements du bâtiment.

Le refus, en 1956, de deux projets de maisons-tours «reproduction liliputienne d'une de ces boîtes d'allumettes plantées sur le côté (…) à l'instar du siège de l'ONU à New York» (7) au quai Louis-Perrier et au Nid-du-Crô marque le début des discussions sur la nécessité pour la ville d'avoir des dominantes architecturales. A chaque fois que la hauteur d'un bâtiment nécessite une dérogation, la controverse resurgit et les termes qui qualifient en 1956 la tour de la Bâloise, sollicitée par l'autorité communale en lieu et place d'un projet jugé trop banal (8), ou celle de l'O.F.S. en 1998 font ressortir de ces débats que ce n'est pas seulement leur architecture qui est en cause – il ne s'agirait alors que d'une performance constructive – mais une vision de la ville, un enjeu urbanistique.

Volonté d'assainissement – l'argument hygiéniste est toujours d'actualité – ou spéculation immobilière? Plusieurs opérations réalisées au centre ville dès les années 1950 entraînent la démolition d'immeubles jugés vétustes ou insalubres au profit de constructions hors d'échelle qui gomment toute trace de la morphologie parcellaire médiévale. Regrettant que cette politique laxiste en matière de protection ait entraîné la disparition d’un grand nombre de constructions anciennes et porté ainsi atteinte à l’harmonie urbaine, l'exécutif propose de nombreux amendements au Règlement d'urbanisme concernant la sauvegarde de la vieille ville.

Objet fétiche de la société de consommation, l'automobile bouleverse la scène urbaine; la motorisation constitue désormais un des thèmes récurrents de la politique d'aménagement et d'adaptation du réseau viaire. En 1974, l'autorité communale, en réponse à plusieurs postulats et motions, décide d'établir un plan des transports et des circulations (9).

Années 60


Dans le cadre des actions cantonales pour l’aide à la construction de logements à loyers modestes, la Ville se voit allouer d'importants crédits qu'elle redistribue sous forme de prêts hypothécaires en premier rang aux sociétés immobilières intéressées auxquelles elle vend, par ailleurs, des terrains. C'est dans ce contexte que sont construits entre 1964 et 1966, notamment les H.L.M. de la rue de Serroue, du Verger-Rond 8-10-12, de la rue Isabelle-de-Charrière puis des Rouillères. Assez également représentées durant un siècle d'urbanisation, habitations collective et individuelle sont toutefois diversement connotées, la première servant de repoussoir à la seconde. L'idéal des classes moyennes demeure sans conteste la maison privée, et c'est ainsi qu'il faut comprendre le développement, à la périphérie de la ville, des secteurs des Quatre-Ministraux, ouvert à la construction dès 1951, ou de Treymont, loti entre 1962 et 1969. Non réalisé, le projet d'urbanisation du Bois-de-l'Hôpital établi en 1967 par le professeur Paul Waltenspühl de Genève, reste l'opération immobilière la plus représentative de l'esprit qui anime les édiles durant les années de haute conjoncture. Sa réalisation prévoyait la construction d’un quartier d’habitation pour 3’300 personnes, un investissement de trente millions de francs, le développement des voies d’accès et des infrastructures, un lotissement, une école, un jardin d’enfants, un lieu de culte et un supermarché. Il impliquait en outre le déboisement de dix hectares de forêts.

Sous le titre de Diagnostic et principes d'aménagement, le rapport commandé par la Ville au bureau d'urbanisme Urbaplan paraît en 1972. Analysant vingt ans de croissance et de politique urbanistique, son bilan est des plus négatifs et lui vaut un accueil mitigé, en dépit du soutien de l'exécutif. Rompant avec une approche techniciste de l'aménagement, son plaidoyer en faveur d'un développement qualitatif et de l'élaboration d'un plan directeur général auront su, malgré tout, préparer les esprits à une autre urbanité.

La vitalité de la ville se mesure aussi à ce qu'elle rejette. La prise de conscience des menaces de la pollution sur notre écosystème fait de la gestion des ordures et des eaux usées un des emblêmes repoussoirs de la société de consommation, sa part maudite (10). En 1966 (11), l'impossibilité d'utiliser les décharges du bord du lac et du Vauseyon, ou d'étendre celle de Pierre-à-Bot, entraîne la création d'un syndicat intercommunal pour l'incinération des ordures et des déchets, à l'origine de l'usine de Cottendart (Meystre S.A., 1965-68). En ce qui concerne le traitement des eaux usées de la ville, d'importants crédits sont votés en 1959 et 1966 pour la construction d'une station d’épuration et de bâtiments de service (entreprise Von Roll et R.-E. Monnier, 1968).

Nom de code: N5

Lorsque la question de la traversée de la ville est abordée en 1957, le groupe d’architectes chargé d’étudier l’aménagement des rives esquisse un passage au bord du lac. En 1960 l'Assemblée fédérale vote la loi sur les routes nationales. Entre 1962 et 1970, divers projets de tracés se succèdent et s'affrontent, qui proposent ou l'évitement par le nord, ou la traversée par le centre, ou encore une variante longeant le bord du lac. De vives oppositions, à l'origine de la création du mouvement pour l'environnement, amènent à une votation populaire en septembre 1971 qui rejette l'initiative pour la protection des rives et le contre-projet de l'Etat prévoyant l'aménagement d’un tracé au centre. Attisés par des débats publics et relayés par la presse, l'imbroglio administratif et la polémique sont alors à leur comble. En 1973, restent en lice le projet de l'Etat appelé Métropolitain – qui sera réalisé – et le contre- projet Intégration paysagère du Conseil communal. Les deux sont soumis au Conseil fédéral qui tranche, en 1975, pour le premier. La Ville s'y rallie et travaille aux études de détail. Le projet définitif est mis à l'enquête en 1978 et l'ouverture du chantier a lieu en 1980. En 1982, Berne donne son aval à l'ensemble du projet qui prévoit la traversée de Neuchâtel par des tunnels à deux tubes entre Serrières et le Nid-du-Crô avec un vaste échangeur au centre du dispositif, dans la cuvette du Seyon. Entre 1984 et 1990, leur forage est achevé qui permet d'inaugurer, en 1993, ce tronçon, prolongé par la tranchée couverte de Monruz.
Confié à des bureaux d'architectes, le dessin des portails et des passerelles de l'autoroute travaille les volumes autant que l'espace dans lesquels ils s'inscrivent et atteste la difficile intégration formelle de la structure dans le site.


Années 70

Identifiée sous l'épithète brutaliste, la tendance à l'expressionnisme abstrait s'affirme, dès les années 1960, par plusieurs édifices qui reconnaissent l'attrait du matériau brut conjugué à la force du volume simple posé dans le site. Au-delà de la mise en valeur des textures, le brutalisme exprime un rapport particulier à la lumière et exalte les structures comme éléments ordonnateurs de l'espace. Cette esthétique doit l'essentiel de sa rhétorique à l'usage du béton – à la fois structure, remplissage et parement – dont les qualités épidermiques dépendent de la mise en oeuvre.

Alors que la notion de patrimoine s'est longtemps confondue au seul héritage monumental, dans les années 1970, le champ patrimonial s'élargit et son contenu évolue, incluant des domaines jusque-là étrangers à la protection et révélant de véritables préoccupations identitaires. Inscrites dans une mise en scène globale qui affronte sauvegarde et mécanismes de marché, protection et logique de rentabilité, deux attitudes s'opposent radicalement en matière d'intervention dans le tissu ancien. Basée sur le dialogue entre l'existant et le projet, l'une prône l'affirmation franche du parti contemporain, l'autre propose le pastiche comme produit de substitution devant servir à assurer des transitions et à composer avec le voisinage. Déjà dénoncée dans la Charte d'Athènes (1933) comme une copie servile (12) et dans celle de Venise (1964) au nom des principes de distinction et de réversibilité, cette architecture d'accompagnement ne sert que les apparences. Elle trouve en ville plusieurs expressions: dénoyautage ou empaillage, maintien d’un élément-témoin, restitution surperficielle des traces du parcellaire ancien.

"Le lac au moins demeure"
(13)

Pour une ville riveraine, serrée entre la montagne et le lac, les possibilités d'extension sont dictées par la topographie. D'abord, les sédiments charriés par le Seyon et les rejets urbains sont les seuls constituants des terrains progressivement gagnés sur l'eau. A ce phénomène combiné se substitue, dès le XVIIIe siècle, l’action concertée. Le remblayage devient créatif et imprime un mouvement de réorientation urbaine, la côte lacustre servant à l'édification de nouveaux quartiers (14).

Le plan d’accensement accordé par l’Etat en 1917 octroie les surfaces remblayées à la Commune; celui de 1956 fixe qu'elles restent propriété de l’Etat et sont cadastrées conformément à la nouvelle loi sur les eaux en droit de superficie (15). En 1957, le plan d’ensemble d’aménagement des rives est adopté (16). Un rapport de 1961 précise que l’une des conséquences de la conjoncture dans le domaine de la construction est d’obliger la Ville à mettre à disposition des décharges publiques pour recevoir la masse importante des déblais provenant des démolitions et des terrassements. Les remblayages de la première étape, comprenant les terrains de sport de Serrières, la station d’épuration et le port du Nid-du-Crô, sont déjà assez avancés pour pouvoir entreprendre la deuxième étape, qui comprend le secteur compris devant les quais Léopold Robert et Robert Comtesse. En 1967, alors qu'aucun plan ne peut être établi aussi longtemps que le tracé de la N5 n'est pas arrêté, le volume de matériaux ne cesse de croître alimenté par les chantiers alors en cours. Pour répondre aux demandes pressantes sur la destination de ces terrains vagues, le Conseil communal décide que les nouvelles rives recevront, notamment, les bâtiments de l’université et un vaste parking. Le plan directeur des Jeunes-Rives est adopté par le Conseil général en juillet 1978, qui englobe la zone comprise entre le port central de la ville et les terrains de jeu de la Riveraine. Jusque dans les années 1990, les travaux de la N5 remodèlent encore la ligne des rives. Pour Neuchâtel, ce cyclopéen travail du site est pratiquement achevé, toute avancée supplémentaire se heurtant désormais au seuil littoral.

Années 80 et 90

Un tournant s'opère dans la décennie quatre-vingt: l'Etat de Neuchâtel, l'administration fédérale et les collectivités publiques ouvrent des grands chantiers dont les exigences programmatiques obligent à repenser les typologies et les formes urbaines. Stimulée par la pratique du concours, une nouvelle génération d'architectes s'affirme dont la production reflète des inspirations multiples. Toute expression étant possible à condition de proposer des solutions satisfaisantes du point de vue fonctionnel, esthétique et technique, le paysage de la construction apparaît fragmenté, insaisissable, conditionné autant par l'environnement du projet que par la formation ou la trajectoire de l'architecte. La gamme des propositions constructives se complexifie au point qu'il est malaisé d'énoncer des critères signifiants permettant de dégager des axes clairs. Tout au plus est-il possible de faire émerger quelques tendances. Les vifs débats autour de certains bâtiments, dont l'écriture a parfois cédé à des effets de mode, rappellent qu'il est implicitement demandé à l'architecture une certaine fidélité culturelle, le sens du lieu et l'inscription dans une histoire qui dépasse l'identité d'une génération.

En ce qui concerne l'habitat collectif, le dernier quart du XXe siècle est marqué par l'initiative populaire communale de février 1984 "Pour une politique sociale du logement" qui exige la construction de cinq cents logements sociaux en ville de Neuchâtel jusqu'à fin 1988, puis cent par année. L'entrée dans le nouveau millénaire est caractérisée par la mise en place d'un Agenda 21, nouvel instrument de gestion urbaine encourageant la réalisation d'actions concrètes en faveur du développement durable, parmi lesquelles l’économie d’énergie et la définition de critères écologiques dans les constructions et les concours d’architecture. Autant de notions également perceptibles autour de l'exposition nationale Expo 02 dont le principe fondamental postule en outre l'utilisation temporaire du site, une architecture éphémère et le recyclage de ses composantes.

Du point de vue urbanistique, l'accent se porte sur la scénographie urbaine, comme l'attestent les aménagements des places du Port et de la Gare ou encore celui de l'Espace de l'Europe.

Points de suspension

En l'espace de septante ans, la Ville voit l'urbanisme s'affirmer comme discipline autonome de gestion urbaine et l'architecture connaître une diversification de types, de styles et de procédés techniques sans précédents.
Si elle n'est pas toujours remarquable, la production du présent recueil exemplifie quelques tendances, illustre les dialectiques qui façonnent l'architecture du XXe siècle. L'objet de ce guide est de les faire connaître, ou reconnaître, à travers quelques réalisations qui balisent un lieu et identifient une époque.

Par définition sélective et fragmentaire, une compilation court toujours le risque de se mettre en péril elle-même. A l'éclatement typologique et à la complexité des données, répond l'unité méthodologique. Les thèmes et les bâtiments ont été appréhendés en couplant recherche historique et approche ethnologique auprès des différents intervenants du champ concerné qui trouveront, dans et entre ces lignes, l'expression de ma gratitude.

Nadja Maillard

Notes

1) Rapport du Conseil communal au Conseil général à l'appui d'un projet de règlement d'urbanisme, 5.11.1942.

2) La vue directe à 3 m, le volume minimal de 20 m3, les gabarits à 45°, la hauteur maximale à 20 m sont parmi les notions introduites par la "loi" Louis Perrier, qui donne aussi aux communes la compétence de l'attribution du permis de construire.

3) Pour tous les bâtiments de ce site, la date indiquée est celle de la sanction.

4) Rapport du Conseil communal au Conseil général concernant l'amélioration des locaux à l'usage des écoles, de la Bibliothèque et des Musées et la première étape du Centre sportif de la Maladière, 11.11.1947.

5) Guide Michelin, édition 1998: 250.

6) Créée par Joseph Pizzera, l'usine d'éléments préfabriqués du Nid-du-Crô est transférée à Marin en 1962. Rebaptisée Piersa, elle va alimenter une part importante du marché de la construction locale.

7) Courrier du Vignoble, 13 janvier 1956.

8) Bâtiment locatif et commercial construit dans la fourche formée par l'avenue de la Gare et la chaussée de la Boine par le bureau Pizzera S.A. à l'emplacement de la propriété Auguste de Montmollin (1838).

9) Rapport Rapport du Conseil communal au Conseil général concernant l'étude d'un plan des transports et des circulations, 22.10.1974.

10) Lire la description apocalyptique que Friedrich Dürrenmatt fait de la carrière de Tête-Plumée devenue "la fosse à ordures de Neuchâtel" (Vallon de l'Ermitage, Revue Neuchâteloise 1980: 27 et sqq.).

11) Rapport du Conseil communal au Conseil général concernant l'octroi d'un crédit d'étude pour la construction d'une usine d'incinération des déchets urbains, 27.9.1966.

12) «L'emploi des styles du passé, sous prétexte d'esthétique, dans les constructions neuves érigées dans les zones historiques, a des conséquences néfastes. Le maintien de tels usages ou l'introduction de telles initiatives ne sera toléré sous aucune forme»(Le Corbusier. - La Charte d'Athènes. - 1957. - Paris: Editions de Minuit, p. 91).

13) Philippe Godet, 1901.

14) Voir Piguet 2000: 174 et sqq.

15) Rapport du Conseil communal au Conseil général concernant la consolidation des rives et l'aménagement de terrains de jeux à Serrières, 15.4.1959.

16) Rapport de la commission spéciale pour l’étude des ports et rives, 18.6.1956.