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Point de vue
 

 

 

 

 

 

 

 


Nos bâtiments patrimoine

Qui aime bien protège bien…

Votre intérêt nous intéresse… Si vous lisez cette information, c’est que vous répondez à l’invitation de la Ville de Neuchâtel: poser sur les bâtiments de la cité un regard plus attentif. Si l’Etablissement cantonal d’assurance immobilière (E.C.A.I.) soutient cette initiative, comme d’autres efforts de mise en valeur du patrimoine bâti neuchâtelois, c’est dans le même but: promouvoir un regard attentif sur nos bâtiments. Pour les faire aimer et inciter à les préserver. Car nous sommes convaincus que "Qui aime bien protège bien".

Protéger les bâtiments: l’efficacité du système suisse

"Ensemble, protégeons nos maisons" est justement le slogan de l’E.C.A.I., spécialiste cantonal de la sécurité des bâtiments et de leurs occupants face aux risques d’incendie et de dommages naturels, et garant de la valeur du patrimoine bâti. Service public paraétatique autonome sans but lucratif, il assume en effet un double mandat de l’Etat: l’assurance mutuelle obligatoire de tous les bâtiments du canton, construits et en construction (43’000, valant 36 milliards de francs), et la prévention des sinistres (police du feu, subvention d’installations et mesures préventives, formation, information, financement de la défense incendie, …). Il investit ainsi chaque année des montants importants qui permettent de réduire les sinistres et donc de maintenir les primes à un bas niveau. De plus, ces montants sont épargnés aux finances publiques, donc aux contribuables. C’est aussi l’un des 19 établissements cantonaux d’assurance (E.C.A.) de Suisse. Ce réseau national interactif couvre plus de 80% du parc immobilier – un capital de 1’500 milliards! – et consacre plus de 200 millions annuels à la prévention. Il dispose de sa propre réassurance et de fonds communs pour la couverture solidaire de cas spéciaux tels que les catastrophes naturelles. Son association faîtière coordonne la protection incendie entre les cantons, élabore normes et prescriptions, homologue produits, matériaux et équipements. Ce système a démontré son efficacité au profit des 19 cantons qui l’appliquent.

De la culture à la prévention

Le succès du système exige un effort constant de prévention, car son seul élément faible demeure la négligence humaine qui gaspille des fortunes, et parfois sacrifie des vies, dans des sinistres! Mettre en évidence les bâtiments remarquables d’une commune, d’une région, en les signalant, en les expliquant, est bien sûr d’abord un acte culturel. S’y ajoute pourtant une dimension préventionniste qui motive notre appui. Faire connaître l’intérêt culturel d’un bâtiment, le marquer à ce titre, c’est aussi donner un signe public de reconnaissance de sa valeur, et du coup stimuler le désir d’en prendre soin. Les propriétaires sont les premiers concernés, et concrètement. Chaque détenteur d’un bâtiment signalé comme intéressant dans un programme de valorisation appuyé par l’E.C.A.I. peut, s’il le souhaite, bénéficier d’une expertise gratuite de sa sécurité feu et éléments naturels, et cas échéant d’un taux préférentiel de subvention pour les mesures supplémentaires et volontaires qu’il entend prendre.

Une responsabilité collective

Mais l’effet préventif sera d’autant meilleur qu’on accordera une attention accrue à toutes ces constructions, tous ces ensembles bâtis qui, sans être de classiques monuments historiques, sont, par leur caractère architectural, historique, économique, social, culturel, technique, voire affectif et même anecdotique, représentatifs d’une époque, d’un goût, d’une activité, d’une fonction, d’un vécu, d’une volonté. Il faut (se) rappeler aussi qu’indépendamment de leur statut (beaucoup sont propriété de collectivités), tous nos bâtiments constituent un patrimoine communautaire, dont nous sommes collectivement responsables. Ils abritent nos vies, privées ou professionnelles. Ils sont des composants essentiels de nos paysages, de notre tissu économique et social. Utilisateurs, visiteurs, citoyens, contribuables, consommateurs, … nous avons tous intérêt à mieux comprendre et préserver la valeur globale de ce capital majeur.

Laurent Memminger
Directeur de l’E.C.A.I.